
LE CONSTAT
On estime à 17% le nombre d’enfants porteurs d’un trouble du neurodéveloppement en France, soit 1 sur 6 :
1 à 2 %
porteurs d’autisme
7 à 10 %
porteurs de trouble dys (dyslexie, dysorthographie, dysphasie, dyspraxie, dysgraphie, dyscalculie)
6 %
porteurs d’un trouble de l’attention avec ou sans hyperactivité
À ceux-ci viennent s’ajouter
plus de 2% d’enfants HPI, présentant souvent également des troubles d’apprentissage
Un trouble vient rarement seul et ces troubles sont souvent associés (les professionnels parlent de « comorbidité ») : + de 50% des personnes ayant un trouble du neurodéveloppement ont un second TND et d’autres maladies associées sont fréquentes (Source : handicap.gouv.fr).
Les troubles du neurodéveloppement ne sont pas toujours évidents à discerner ou à diagnostiquer et relèvent très souvent d’un handicap invisible. Ils doivent cependant être reconnus par tous : équipes pédagogiques, monde professionnel / politique et grand public. Ces troubles peuvent induire un échec scolaire et professionnel s’ils ne sont pas pris en compte et avoir des répercussions psychologiques importantes sur les enfants (trouble anxieux, dépression…) et sur leurs familles.
La prise en charge de ces enfants est souvent altérée par des difficultés ou errances diagnostiques, la complexité administrative, la mise à disposition d’aides insuffisantes, et l’accueil inadapté en milieu ordinaire. Le défaut de coordination et de communication entre les thérapeutes accompagnant les enfants et leurs enseignants impacte grandement leur prise en charge et la mise en place d’aménagements en milieu scolaire.
C’est donc sans surprise qu’on estime à 6 enfants sur 10 au moins porteurs de ce type de handicap, le nombre d’enfants ayant déjà subi du harcèlement et des violences à l’école (SOURCE : Fédération Française des Dys).
La possibilité de scolarisation elle-même est en question. Alors que « Handirect » estime que 23% des enfants en situation de handicap n’avaient pas accès à la moindre heure de scolarisation en 2023, la Fondation Perce-Neige estime elle que « seulement 20% des jeunes autistes sont scolarisés en milieu ordinaire et souvent dans des conditions inadaptées ».
Dans sa Stratégie Nationale pour l’Autisme 2018-22, et son engagement à « rattraper notre retard en matière de scolarisation », le gouvernement note que « l’accès à l’école ordinaire permet non seulement l’accès aux apprentissages, mais aussi la socialisation et l’inclusion dans la société, pour le présent et le futur ». Une vision que nous partageons totalement et dans laquelle nous inscrivons notre action.
Dans sa nouvelle stratégie, le gouvernement pose également les jalons de dispositifs innovants d’inclusion, les « dispositifs d’auto-régulation », soutenus par les recherches en neuropsychologie et ayant fait leurs preuves au Canada notamment. Cette approche, exposée plus loin (voir « l’Autorégulation ») rejoint notre proposition d’action.
Mais la France accuse un énorme retard en la matière, comme en témoignent les multiples condamnations du Conseil de l’Europe. En 2023, le Comité des Droits Sociaux du Conseil de l’Europe a à nouveau condamné la France et dans sa décision a estimé que « les autorités n’ont pas pris de mesures efficaces en temps utile pour remédier aux problèmes persistants de longue date, liés à l’inclusion des enfants et adolescents handicapés dans les écoles ordinaires ».
Les efforts de la France sont bien trop tardifs et bien trop limités dans leur déploiement. En effet, à ce jour seulement 70 dispositifs d’autorégulation ont été créés sur tout le territoire. Un premier est seulement en train de voir le jour dans les Alpes-Maritimes. Et moins d’une dizaine au niveau collège, les efforts étant concentrés sur la petite enfance.
Nous le voyons tous les jours, les besoins des enfants et la demande des familles sont pressants, et nous sommes en manque de solutions et de structures adaptées. Force est de constater que nos institutions ont encore beaucoup à faire pour combler ces besoins, et que la prise de conscience en matière d’inclusion doit être soutenue et amplifiée.

